La busiata, le format et sa cuisson
Découvrez la busiata, pâte torsadée sicilienne tréfilée au bronze : origine, temps de cuisson et pesto trapanese pour la réussir à la maison.

La busiata est la seule pâte du catalogue qui porte le nom de la Sicile depuis dix siècles. Une spirale creuse, roulée à la main autour d'une tige, pensée pour un pesto qui ne glisserait nulle part ailleurs. Voici ce qu'elle est, et comment la cuire sans la rater.
Qu'est-ce qu'une busiata
La busiata est une pâte sèche de semoule de blé dur et d'eau, roulée en spirale creuse. Le geste qui lui donne sa forme est resté artisanal : une bande de pâte enroulée en diagonale autour d'une tige, traditionnellement celle de la disa (Ampelodesmos mauritanicus), une herbe qui pousse dans le maquis autour de Trapani. Une fois la tige retirée, la spirale garde son creux, prête à emprisonner une sauce épaisse dans ses torsades.
Ce geste explique le nom. "Buso", ou "busa" selon les villages, désignait cette tige avant de désigner la pâte elle-même. Une seconde piste, moins retenue, y voit le "buso" utilisé pour travailler la laine, un ustensile qui produit une torsade comparable. Les deux versions s'accordent sur l'essentiel : la busiata tient son nom de l'outil qui la façonne, pas d'un ingrédient ou d'un lieu.
Contrairement à un format inventé par un fabricant industriel à une date connue, comme la penne au 19e siècle, la busiata n'a pas d'inventeur. Elle vient d'un geste de cuisine transmis dans les foyers trapanais avant d'être reprise par les pastifici artisanaux, puis par les moules mécaniques qui reproduisent aujourd'hui la même spirale sans le tour de main manuel.
D'où vient la busiata
Les racines de la busiata remontent au haut Moyen Âge, vers le 10e siècle, dans la province de Trapani. La forme a traversé les siècles sans beaucoup changer, transmise dans les cuisines familiales de mère en fille, un geste répété plutôt qu'une recette écrite.
Le pesto qui l'accompagne, lui, a une histoire plus tardive et mieux datée. Il naît à Trapani aux 16e et 17e siècles, quand des marins génois font escale dans le port avec une sauce à l'ail et au basilic, l'agliata. Les paysans locaux la reprennent et l'adaptent avec ce que la terre trapanaise donne : tomate mûre, amande d'Avola, ail rouge de Nubia (un Presidio Slow Food), basilic frais, pecorino et huile d'olive. Les versions les plus anciennes ne portaient pas de fromage, ajouté plus tard.
C'est ce pesto épais, avec ses morceaux d'amande et de tomate, qui a dicté la forme de la busiata. Une pâte lisse laisserait tout glisser au fond de l'assiette. La spirale creuse, elle, retient chaque morceau dans son enroulement.
Le tréfilage bronze, ce qui change sous la dent
Une busiata industrielle et une busiata artisanale ne se comportent pas pareil dans la casserole, et la différence vient du moule. Le tréfilage au bronze, un métal poreux, laisse une surface rugueuse et mate à la sortie. Cette rugosité crée des micro-accroches où la sauce se loge, au lieu de glisser comme sur une pâte extrudée au teflon, lisse et brillante.
La busiata du Mulino Angelica suit ce procédé : tréfilage bronze, puis séchage lent à basse température sur 24 à 48 heures. Ce séchage préserve le réseau protéique du grain plutôt que de le brusquer à haute température, ce qui donne une cuisson plus régulière d'un lot à l'autre. Elle vient du même moulin familial de trois générations à Modica que les huit autres formats du catalogue, moulue sur pierre à partir de blés anciens siciliens.
Comment cuire une busiata
La busiata se cuit comme les autres pâtes sèches du catalogue, avec une nuance : sa forme creuse retient plus d'eau que le spaghetti, donc elle demande de goûter un peu avant le temps indiqué sur le paquet plutôt que de s'y fier à la seconde près. La base reste la même que pour tout format tréfilé au bronze, détaillée dans le guide complet de cuisson des pâtes de blé ancien : eau abondante, sel ajouté à l'ébullition, et une minute ou deux de moins que le temps annoncé.
Une fois égouttée un peu avant la fin, la busiata termine sa cuisson directement dans la sauce, avec une louche d'eau de cuisson amidonnée. C'est cette eau trouble, chargée de l'amidon que le tréfilage bronze libère plus qu'une pâte lisse, qui fait tenir le pesto dans les torsades au lieu de le laisser se séparer de la pâte dans l'assiette.
Avec quelle sauce servir la busiata
Le pesto alla trapanese reste l'accord de référence : ail rouge, tomate, amande, basilic et huile d'olive, mixés crus et versés directement sur les pâtes chaudes sans recuisson. La torsade attrape les morceaux d'amande et de tomate que la sauce dépose, ce qu'une pâte lisse laisserait filer. Dans les versions les plus anciennes de la recette, le fromage n'entrait même pas dans le pesto : il est arrivé plus tard, en garniture.
La busiata se prête aussi à des sauces plus classiques, tomate épaisse ou légumes rôtis, tant que la sauce garde de la matière. Elle perd son intérêt avec une sauce très fluide, huile et ail seuls par exemple, qui sert mieux un format lisse comme le spaghetti. Le tableau des 9 formats et de leurs sauces détaille cette logique pour l'ensemble du catalogue, format par format.
La fiche du produit, sur la page busiata, détaille le poids du paquet et le prix au moment de l'achat, pour ne jamais afficher un chiffre qui aurait pu changer entre-temps.
FAQ
Qu'est-ce que la busiata ?
C'est une pâte sèche de semoule de blé dur, roulée en spirale creuse autour d'une tige selon un geste artisanal originaire de la province de Trapani, en Sicile. Le mot est entré au dictionnaire Zingarelli en 2025, dans son édition 2026, après être resté un terme dialectal pendant des siècles.
Combien de temps cuire une busiata ?
Comme pour les autres formats tréfilés au bronze du catalogue, mieux vaut goûter une à deux minutes avant le temps indiqué sur le paquet plutôt que suivre l'horloge à la seconde près. La forme creuse retient plus d'eau qu'un format lisse, donc elle profite d'une eau abondante pour ne pas coller.
Quelle sauce va avec la busiata ?
Le pesto alla trapanese, à base d'ail, de tomate, d'amande et de basilic, reste l'accord traditionnel : les torsades retiennent ses morceaux là où une pâte lisse les laisserait tomber. Une sauce tomate épaisse ou des légumes rôtis fonctionnent aussi, tant qu'ils gardent de la matière.
Pourquoi la busiata est-elle torsadée ?
Parce qu'elle a été façonnée en enroulant une bande de pâte autour d'une tige, traditionnellement celle de la disa, une herbe du maquis trapanais. Cette spirale creuse a été pensée pour porter le pesto trapanese, une sauce épaisse qui glisserait sur une pâte lisse. C'est cette forme, la busiata, qui a donné son nom au format entier.


